S’arrêter place des Wallons
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Se déplacer - 21.03.2016 - Marie-Claire Dufrêne

C’est la place la plus originale de Louvain-la-Neuve, mais elle vieillit mal. La Ville, l’UCL, les propriétaires des logements et les commerçants s’engagent à rénover la place des Wallons, sur base d’une esquisse proposée par l’Atelier d’architecture de Genval.


Un nouveau visage pour la place des Wallons ? On en parle depuis plusieurs années. Le dossier a fait l’objet d’une candidature de la Ville au projet URBACT (pour des subsides européens) en 2009, la Gestion Centre Ville (GCV) d’Ottignies-Louvain-la-Neuve a été chargée de le piloter à partir de 2010, une consultation populaire a été organisée en 2012, un sociologue a remis ses conclusions en 2013…

« La place des Wallons a 40 ans. On a constaté qu’elle ne vieillissait pas bien. Ses fonctions ont changé : centre-ville autrefois, elle n’est plus qu’un lieu de transit pour les étudiants qui viennent du plateau des Sciences où s’y rendent au départ de la place de l’Université », explique le bourgmestre Jean-Luc Roland. « Il s’agit pourtant de la place la plus originale de Louvain-la-Neuve. Elle a une configuration médiévale : on s’y sent protégé comme dans un cocon, on ne voit pas les rues qui permettent de s’échapper. »

L’Atelier d’architecture de Genval a été désigné en juillet 2015, pour faire une esquisse de ce que pourrait devenir la place, sur base des souhaits communiqués par la GCV.

Un clin d’œil à l’histoire, parce que c’est le fondateur de ce bureau d’architectes, André Jacqmain, qui a dessiné le bâtiment emblématique de la place des Sciences, ex-bibliothèque, qui accueillera bientôt le «Musée L» de l’UCL.

« Quand nous avons commencé à réfléchir à l’avenir de la place des Wallons, nous ne savions pas encore que le haut de la ville allait bénéficier d’une nouvelle attractivité. Ceci renforce la nécessité de rénover la place, puisqu’elle se trouvera au milieu de l’axe reliant le centre-ville et le futur musée. »

Un sous-bois, un plan d’eau

L’Atelier de Genval propose de démolir le mur qui encadre les escaliers actuels de la place, sur lequel le regard bute inévitablement quand on monte la rue des Wallons. Ceci pour permettre une vision d’ensemble de la place, depuis la rue (voir l’illustration).

« La cage d’escalier monumentale pourrait être sablée pour retrouver son aspect d’origine, ce qui renforcerait sa qualité sculpturale. Nous pensons qu’elle doit être libérée des discours un peu bavards dont elle est habitée aujourd’hui », remarque l’architecte Perrine Compain. « Le grand mur voisin pourrait être couvert de végétation et renforcé par un éclairage rasant. »

Un petit sous-bois (trois arbres) inviterait au repos, au centre de l’espace. Il pourrait y avoir un plan d’eau, un espace d’expression public au bas de la cage d’escalier, un endroit couvert par une toile amovible fixée sur 5 poteaux… autant de « séquences » à côté des terrasses des cafés.

« Les enseignes doivent être plus homogènes. Nous proposons d’imposer une hauteur de bandeau et une couleur. Des plaques de métal perforées formeraient des boîtes à lumière. Typographie et/ou logos seraient libres, pour que les établissements conservent chacun leur identité. »

Le mobilier urbain (fixe et mobile) devra lui aussi faire l’objet d’une harmonisation ; l’éclairage devra être travaillé.

Un parcours urbain/muséal pourrait être matérialisé par des clous dans la voirie, qui amèneraient le piéton jusqu’au Musée L. Comme les coquilles de Saint-Jacques conduisent à Compostelle! Whouah !

Premiers travaux fin 2016

Patience ! Rien n’a encore été décidé, aucune demande de permis introduite.

Les défenseurs des fresques urbaines réalisées dans le cadre du festival Kosmopolite Art Tour (KAT) - qualifiées de « élément sympa mais un peu brol » par les architectes, qui prônent la sobriété - pourront peut-être encore faire entendre leur voix.

« Ces fresques n’étaient pas prévues pour durer », rappelle Sandrine Bertrand, de l’Inesu, le bras immobilier de l’UCL.

Une « esquisse » donc, mais qui va permettre d’avancer. Les principaux acteurs concernés - la Ville, l’UCL et la copropriété « Le Perron » - se sont engagés à réaliser la partie qui leur revient, en respectant l’esprit suggéré par les architectes : l’espace public pour la Ville (300.000€ au budget 2017, dont 150.000€ subsidiés), les enseignes et l’éclairage de la galerie couverte pour l’UCL/Inesu (100.000€, avant la fin 2016), les rambardes des terrasses de leurs immeubles pour la copropriété « Le Perron ». Sous la coordination de la GCV, avec la participation des commerçants.

« Nous poussons les différents propriétaires à rénover leur façade. Chacun doit élever son jeu, dans le but de retrouver un espace plus « up to date » », signale Jean-Christophe Echement, de la GCV. « Pour que les gens aient envie d’aller à la place des Wallons et d’y rester, nous y amènerons un programme d’activités, avec les acteurs du lieu. Nous allons créer une belle machine, nous voulons la faire fonctionner ! »
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