Citoyens à l'honneur
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Nos citoyens sont formidables


La traditionnelle soirée des vœux aux corps constitués s’est déroulée le 15 janvier, au Centre culturel d’Ottignies. A cette occasion, le Collège communal a choisi de mettre plusieurs citoyens (ou proches) de la ville à l’honneur: Anne-Marie Kumps, Yves Leroy, Françoise Dept et le Comité citoyen pour le maintien du bureau de Poste à Louvain-la-Neuve.

Anne-Marie Kumps

Que ce soit pour la gestion quotidienne de l’Office du Tourisme Inforville, de la Maison du Développement Durable, de la Ferme du Biéreau… ou dans le cadre du développement urbain, la Ville et l’UCL collaborent désormais sur de nombreux dossiers, preuve d’une confiance réciproque. Pour avoir été l’un des artisans de ce rapprochement - alors qu’elle exerçait la fonction d’administrateur général de l’université (1994-2009) - le Pr Anne-Marie Kumps s’en réjouit. Le fait d’avoir associé, par exemple, l’échevin de l’Urbanisme et l’architecte communal dans le projet du nouveau musée du Dialogue, qui lui tient particulièrement à cœur (en les désignant tous deux membres du jury du concours d’architecture destiné à sélectionner l’auteur de projet) a permis de gagner du temps et de l’énergie. Même s’il a fallu plusieurs mois ensuite pour récolter les fonds nécessaires.

« Nous avons travaillé ensemble sur le projet du musée Hergé, de la nouvelle maison des jeunes, du park & ride lié à la venue du RER… le dossier de la décharge de Mont-Saint-Guibert, il y a plusieurs années, et les rebondissements du dossier Wilhelm & Co », se souvient Anne-Marie Kumps. « Ville et UCL devraient bientôt parvenir à un accord au sujet du désenfumage des parkings souterrains, mais la problématique est complexe. »

L’administrateur général honoraire retient les excellentes relations lors des réunions bipartites et pentapartites (avec aussi les habitants, les étudiants et l’ASBL de Gestion Centre Ville) où étaient abordés les multiples aspects de la vie sur le site : les 24 Heures vélo, la propreté, le tapage, les infrastructures… Elle a également côtoyé la Ville dans les conseils d’administration du Complexe sportif de Blocry et de l’Atelier Théâtre Jean Vilar… ou au moment d’évoquer l’avenir du parc scientifique, avec l’IBW.

« Louvain-la-Neuve grandit bien. Le développement s’est fait de manière progressive et harmonieuse, sans choc esthétique ou grosse bêtise architecturale. On peut ne pas aimer l’Aula Magna… mais tout de même, c’est un beau bâtiment. On peut se réjouir aussi du fait que le parc scientifique n’ait pas souffert de la crise

Anne-Marie Kumps a songé s’installer dans la cité universitaire avant de finalement préférer se domicilier à Bruxelles, non loin des cliniques Saint-Luc. Les quelques dizaines de kilomètres la séparant de son lieu de travail lui ont permis de garder un peu de recul… nécessaire pour celle qui s’est investie jours - et parfois nuits, lors de négociations délicates - dans sa fonction, qui comprenait aussi les finances de l’UCL (« gérer la disette » dit-elle, ou comment allouer au mieux les moyens rares) et la gestion de son personnel (5500 enseignants, chercheurs et collaborateurs administratifs/techniques, sur les sites de Louvain-la-Neuve, Bruxelles et au sein de l’implantation de Charleroi).
 
Emérite, le Pr Kumps continue d’enseigner l’économie politique en 1er bac droit et l’économie générale en horaire décalé, à l’Institut des sciences du travail. Elle s’occupe des dossiers « finances » et « reconfiguration des services généraux », dans le cadre de l’intégration des quatre universités partenaires de l’Académie Louvain (FUCAM, FUNDP, FUSL, UCL). Devenue trésorière de la Fondation Sedes Sapientie, elle est aussi administrateur de la Sopartec, de l’Aula Magna, de la Fondation Hoover, de Musi LLN… très sollicitée pour le moment, alors qu’elle aimerait pouvoir se consacrer davantage à sa famille, participer à des rencontres culturelles, suivre les conférences de « Connaissance et vie d’aujourd’hui », voyager et peut-être mener l’une ou l’autre mission d’enseignement en Afrique.

Yves Leroy

Le directeur du Complexe sportif de Blocry a fait de son métier sa passion, et heureusement ! Car sa fonction l’occupe pratiquement 24 Heures/24, 365 jours par an : il n’est pas rare qu’une alarme se déclenche en soirée ou le week-end !

Originaire de Binche (il y fait le Gille chaque année !), il s’est installé à Louvain-la-Neuve il y a 21 ans, quand il a été choisi pour diriger le centre. Candidat en éducation physique et licencié en sciences du travail, il avait déjà rempli plusieurs fonctions « sportives » à l’UCL : animateur au Centre Sportif Etudiant (CSE), secrétaire de l’Institut d’éducation physique et de réadaptation, directeur du service des sports et fondateur de l’association sportive du personnel.

« J’ai eu la chance de visiter l’infrastructure à l’état de gros œuvre. A l’époque, je qualifiais les propriétaires – Michel Woitrin (UCL), Yves du Monceau (Ville) et Max Wasterlain (Adeps) – de fous : c’était trop grand ! », se rappelle Yves Leroy. « Mais ils étaient des visionnaires : la fréquentation n’a jamais cessé de croître depuis l’ouverture, en 1977, et aujourd’hui, le complexe sature pendant l’année scolaire et sportive. Nous accueillons 4000 personnes par jour et les activités d’une centaine de clubs, pour un budget de fonctionnement de plus de 3,5 millions d’euros/an. »

L’infrastructure n’a pas cessé non plus de s’étendre et de s’améliorer, avec l’inauguration d’une salle d’escalade en 1994, d’une des plus grandes salles de gymnastique d’Europe en 1998 et - fierté du directeur - du musée du Sport et de la BD, en 1997.

« J’ai toujours cherché à jeter des ponts entre le sport et les autres préoccupations sociales, l’art notamment. Nous avons commencé par créer un lien avec le « Mur du marathonien », qui invite au sport à l’entrée du quartier. La première vitrine du musée, dédiée à la plongée, a été aménagée quand un ami m’a offert une pompe à oxygène, que je ne savais où placer. »

Les 400m de couloirs du complexe sportif comptent désormais plus de 50 vitrines et fresques sur le thème du sport, réalisées avec le soutien des maisons qui éditent des auteurs belges. Elles ont un but pédagogique (chacune comporte une biographie de l’auteur) et permettent aux petits de s’orienter. Trois nouvelles vitrines et/ou fresques seront ajoutées en 2010.

Les projets ne manquent pas. Ainsi, les toitures des locaux B1 et B2 ont été refaites il y a peu, de même que les bétons des piscines. Les propriétaires consacrent chaque année entre 250.000 et 500.000€ dans les rénovations. Un nouveau logiciel informatique vient d’être installé, qui permettra de coordonner les réservations de salles et les chauffage, ventilation ... Par ailleurs, la surface de la salle d’escalade devrait être bientôt doublée et une triplette de tennis refaite.

Les deux années à venir seront marquées par la rénovation en profondeur du chauffage, de la ventilation et des vestiaires, pour plus de 5 millions d’euros, subsidiés par la Région wallonne. Le défi - qui terrorise le directeur, il ne s’en cache pas - sera de maintenir l’outil en activité pendant tout ce temps, sans bousculer trop les habitudes des usagers. Il y aura forcément des mécontents. Mais le jeu en vaut la chandelle pour le complexe, soucieux du développement durable depuis le début des années 2000 : de fortes économies d’énergie seront réalisées.

« Tout ce qui a été fait jusqu’ici, c’est ensemble que nous l’avons fait, avec le directeur adjoint Jean-Louis Carlier, la responsable des réservations Marie-Zélie Graff, la responsable de l’administration/ comptabilité/ gestion du personnel Françoise Vanden Steen… et les équipes qui nous entourent. Nous ne sommes pas nombreux, 48 au total, mais nous sommes débrouillards », souligne Yves Leroy.

Françoise Dept

Parcours étonnant que celui de cette chimiste de formation qui, après 15 ans de recherches en métallurgie à l’université de Gand, a choisi de se consacrer au soutien scolaire des enfants. Proviseur dans une école secondaire élitiste de la cité flamande, de 1975 à 1984, elle a réalisé combien la vie est injuste, donnant à boire à des gens qui n’ont pas soif alors que d’autres, assoiffés de connaissance, n’ont pas accès au savoir.

Après un graduat en catéchèse au centre international Lumen Vitae de Bruxelles, elle s’installe à Ottignies-Louvain-la-Neuve, en 1986, où le curé de Blocry Etienne Amory lui demande de bien vouloir s’occuper d’un jeune du quartier du Bauloy.

« Il connaissait des difficultés scolaires et familiales. Je l’ai accueilli tous les jours, à la maison, pour l’aider à revoir ses leçons », se souvient Françoise Dept. « Plus tard, j’ai aussi aidé sa sœur et deux autres adolescents du quartier. »

Parallèlement, l’ancienne chimiste effectue des petits boulots qui lui apportent une rentrée financière modeste mais dont, ascète, elle se contente parfaitement. C’est l’évangile qui la nourrit - elle puise sa motivation dans la béatitude « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice… », « une sainte colère », admet-elle en souriant - et se ressource dans la montagne, sa cathédrale.

Le téléphone arabe fonctionne bien. Les élèves sont de plus en plus nombreux à se présenter à ses leçons de rattrapage, trois fois par semaine et parfois plus, au petit local du clos du Quadrille. C’est qu’on s’y amuse en apprenant. Ancienne cheftaine louveteaux, Françoise Dept connaît le langage qui plaît aux jeunes. Excellente pédagogue, elle est aussi fine psychologue.

« J’ai constaté que les problèmes venaient des primaires mal réussies. Quand les bases ne sont pas acquises, les retards s’accumulent. J’ai suggéré à l’école de Blocry de m’envoyer les élèves dès la 1ère primaire… et je les ai suivis jusqu’à la 6e année. J’allais voir les parents à chaque bulletin et je les accompagnais aux réunions organisées à l’école, à leur demande, pour leur traduire le langage des profs dans un vocabulaire plus accessible.»

L’aventure s’est poursuivie jusqu’en 1999, avant la création de l’actuelle école de devoirs « La Péricole ». Au total Françoise Dept s’est occupée d’une septantaine d’enfants, principalement turcs et marocains, élèves des écoles de Blocry et La Croix. Elle a pu compter sur le soutien de l’Entraide et de la paroisse de Blocry, ainsi que de plusieurs particuliers, pour l’achat de matériel.

« Ma plus grande satisfaction, c’est d’avoir vu les enfants devenir autonomes. Aujourd’hui, il y en a une en 4e année de médecine, une autre qui termine sa formation d’ingénieur commercial, une troisième qui a fini le droit. Malheureusement, certains n’ont jamais rien fait de leur vie, plus par manque de motivation que par absence de talent. »

Et Françoise Dept de pointer la responsabilité des parents, qui ont un rôle immense à jouer pour que leurs enfants aient la volonté de réussir leur scolarité. Heureusement, plusieurs l’ont bien compris et lui ont été reconnaissants, lui offrant des gâteaux et l’invitant aux fêtes musulmanes, aux mariages… De 1994 à 2000, elle leur a proposé de parrainer les études d’un gamin rwandais, James. Une quinzaine ont accepté de donner 20 francs, tous les mois, à l’œuvre du Père Pire « Action Développement - Parrainage Mondiaux ». « Une solidarité pour une solidarité », dit-elle.

Aujourd’hui, Françoise Dept aide encore deux élèves de l’école de Blocry, chaque semaine. On la sollicite régulièrement pour de la documentation ou des traductions en néerlandais. Elle parraine aussi la scolarité de Fatima, une Palestinienne de 10 ans qui vit dans un camp au Liban Elle continue d’imaginer des jeux de mémoire et d’attention, devinettes pour comprendre la géométrie, exercices pour adorer les mathématiques, trucs pour apprendre et stratégies pour progresser.


Le comité citoyen pour le maintien du bureau de Poste

Ils se sont démenés sans relâche, pendant plusieurs semaines, pour empêcher la fermeture du bureau de Poste de Louvain-la-Neuve. On les a vus dans les journaux, à la télévision, réclamant un service public digne de ce nom.

Initiatrice du mouvement, Thérèse-Mathilde Renaut, « la première habitante de Louvain-la-Neuve », se plait-elle à rappeler, revenue dans la cité universitaire après 20 ans d’absence et qui avait connu l’ouverture du 1er guichet de Poste à la place Galilée.

« Quand j’ai appris que La Poste avait l’intention de fermer son bureau de la Grand-Place, j’ai pensé que ses dirigeants étaient fous ! Nier ainsi 10.000 habitants, 18.000 étudiants, 6000 travailleurs, 120 nationalités, des milliers de visiteurs étrangers… les pôles académique, économique, commercial et culturel de la ville… c’était inadmissible. »

Et la battante de lancer rapidement une pétition pour le maintien du bureau. En trois jours, elle a collecté 1500 signatures (aujourd’hui, il y en a plus de 16.000).

Le combat s’est intensifié au début de l’été, quand La Poste a confirmé son intention de fermeture. Les autorités communales, l’UCL et l’ASBL de Gestion Centre Ville ont promis de soutenir toute initiative de pression citoyenne… et un comité de soutien a été constitué. Déterminé, celui-ci a été jusqu’à occuper le bureau de Poste - 16 jours et 8 nuits, avec l’aide des étudiants - pour tenter d’infléchir la décision.

« Nous avons reçu de nombreuses visites, courriers, coups de téléphone et sms d’encouragement. On nous a apporté du café, de la soupe, des frites… autant de gestes qui montrent qu’il est possible de mobiliser la base pour quelque chose d’important. La solidarité entre les habitants et les étudiants a été très forte. »

Pourtant la lutte a échoué : les occupants on été délogés et le bureau fermé. Il a fallu revoir la stratégie : une Poste citoyenne a été aménagée dans une roulotte, juste en face des bureaux de l’ancienne Poste, où le Comité a tenu des permanences jusqu’en octobre dernier, pour informer les habitants des « services » proposés par la Poste dans les Points Poste ou au bureau d’Ottignies.

La Poste et la Ville ont alors entamé une négociation, afin de rouvrir un véritable service postal sur la Grand-Place. Il était question de le voir assurer par la seconde. Mais au même moment, une entreprise privée – Travelex – a manifesté son intérêt pour assurer un service identique. La Ville a donc accepté de se retirer, pour des raisons d’efficacité.

« Nous sommes déçus, parce qu’on ne voit toujours rien venir. On nous a endormis ! Si la société Travelex s’installe et constate que ce n’est pas rentable, elle pourra fermer, sans que La Poste ne soit responsable. »

Les membres du comité de soutien ont demandé à rencontrer la nouvelle ministre de la fonction publique et des entreprises publiques Inge Vervotte, pour la prier de bien vouloir prévoir la réouverture d’un bureau de Poste à Louvain-la-Neuve, dans le nouveau contrat de gestion de La Poste. Ils lui remettront la pétition et les cartes postales qu’il était prévu d’envoyer à Herman Van Rompuy, quand il était Premier ministre.

Les soirées des autres années.
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