Les brochets sortis du lac !
Affichage pour les mal voyants

Mon environnement - 26.02.2019 - Marie-Claire Dufrêne

Et les gardons, tanches, rotangles, moules et autres tortues d’eau. Les agents du service wallon de la Pêche ont procédé à la récupération des poissons, le 26 février, alors que le lac de Louvain-la-Neuve est pratiquement vide.


Les végétaux ont déserté le lac de Louvain-la-Neuve : plus de roseaux, plus de stellaires, plus d’algues chara…

« On a avait remis des nénuphars, mais ils ont été brulés tout de suite », regrette le garde forestier du bois de Lauzelle Jean-Claude Mangeot. « Même l’élodée a disparu. On l’appelle pourtant la peste d’eau tellement elle se développe vite. Le lac en était couvert et en trois semaines, plus rien. Une catastrophe pour les poissons qui s’y cachent et les oiseaux aquatiques et subaquatiques qui se nourrissent de végétaux. »

La faute à la pollution, sans doute. Le site de Louvain-la-Neuve est constitué d’un réseau d’égouttage séparatif : si les eaux usées sont dirigées vers le collecteur de la Dyle et la station d’épuration de Wavre, les eaux pluviales, elles, arrivent directement dans le lac. Il importe donc qu’elles soient aussi propres que possible. Malheureusement certains riverains, commerçants, étudiants… l’oublient, jetant des liquides pollués dans les avaloirs situés sur la voie publique.

« L’eau du lac est redevenue très trouble, il faut reminéraliser la vase pour espérer retrouver de l’eau claire. »

L’écrevisse de Louisiane

Le service de gestion de l'espace extérieur (GPEX) de l’UCLouvain a décidé de vider totalement le lac, comme en 2009. L’opération a débuté à la mi-février.

« La première opération de mise en assec du lac a été couronnée de succès », se souvient Jean-Claude Mangeot. « La suivante, en 2014, fut un fiasco… sans doute parce qu’elle était partielle. »

Dès l’ouverture des vannes, l’eau s’est écoulée peu à peu dans la Malaise et la Dyle. Le 26 février, une trentaine d’agents du service wallon de la Pêche ont procédé à la récupération des poissons, concentrés à hauteur du point le plus bas du lac. Ils ont travaillé vite, en raison de la température élevée ce jour, pour sauver un maximum de spécimens.

« Nous avons récupéré toutes sortes de poissons d’étangs, essentiellement du gardon », constate Xavier Rollin, responsable du service Pêche. « Ils seront dispersés dans les eaux publiques, notamment la Meuse, où il y a un déficit de gardons, et le canal Bruxelles-Charleroi. »

Une partie de la pêche a rejoint la pisciculture du bois de Lauzelle.

Malheureusement, les agents de la DNF ont découvert la présence de deux espèces exotiques envahissantes : l’écrevisse de Louisiane et la tortue de Floride (les petites tortues qui grossissent et dont les particuliers se séparent quand ils ne savent plus quoi en faire).

« L’écrevisse forme des galeries et cause de gros dégâts à la faune et aux berges : il faut absolument la détruire. Les tortues, elles, seront confiées à un centre spécialisé. »

Xavier Rollin est conscient du fait que l’opération gêne certains riverains et les pêcheurs, mais il parle d’une nécessité technique. Cela fait partie de la saine gestion de ce type de plan d’eau.

Restaurer les îles

Le GPEX profitera de l’opération pour restaurer les 5 îles flottantes et les transformer en récifs dont la partie immergée sera entourée d’une protection grillagée afin de permettre aux petits poissons de se protéger contre les prédateurs. Un nouveau déversoir sera aménagé, pour mieux réguler les masses d’eau en cas de fortes pluies.

« Au niveau des rives, nous allons essayer de contrôler l’invasion du zizana, ce riz stérile qui fait crever toutes les autres plantes autour de lui », annonce Jean-Claude Mangeot

Les promeneurs vont observer un paysage lunaire pendant plusieurs semaines. Il ne faudra pas tenter de jouer les Jésus marchant sur la vase, au risque de s’y enfoncer jusqu’au cou !

Après quoi, la vase va se minéraliser, se craqueler, se transformer chimiquement, devenir fertile. Les graines enfouies à l’intérieur vont retrouver de l’oxygène et commencer à germer. On va voir apparaître du plantain d’eau, des épilobes, du trèfle d’eau, de la véronique, de la menthe d’eau, du mouron des oiseaux, la renoncule scélérate, la salicaire… peut-être même du cannabis !

« La surface deviendra verte et fleurie, comme un marais. Nous y planterons des roseaux massettes et phragmites. »

La remise sous eau se fera quand les végétaux seront arrivés à maturité, vraisemblablement en octobre (quand la végétation commencera à montrer des signes de faiblesse, annonçant l’arrivée de l’hiver). Il faudra une à deux semaines pour que le lac retrouve son niveau initial, suivant l’intensité des pluies.

Les plantes non aquatiques vont évidemment mourir : l’eau du lac sera trouble, dans un premier temps. En se décomposant, elles seront digérées par des bactéries et l’eau redeviendra claire, après trois semaines déjà. C’est à ce moment que les poissons conservés dans la pisciculture du bois de Lauzelle seront remis dans le lac : à la maison pour Noël !


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