Diagonale BD devient Rossel BD
Affichage pour les mal voyants

Sports - Culture - Loisirs - 08.05.2019 - Marie-Claire Dufrêne

Les premiers Prix Rossel de la bande dessinée étaient remis le 7 mai à Louvain-la-Neuve. Sur base des fondamentaux de l’ex-Prix Diagonale : Grand Prix pour l’ensemble de l’œuvre, meilleur album, meilleure série. Une soirée festive, mise en scène par Eric De Staercke.


Ça y est, c’est officiel, il est venu le temps du Prix Rossel ! La troupe d’Eric De Staercke l’a chanté haut et fort, en introduction de la cérémonie de remise des Prix de la bande dessinée, le 7 mai à la Ferme du Biéreau.

« Après douze éditions du Prix Diagonale, on passe à autre chose », a confirmé l’échevin de la Culture (rebaptisé David da Câmaralbums, pour l’occasion). « Réussir à ce que notre prix de la BD devienne une section d’un prix littéraire qui a 80 ans, c’est un tour de force. Une reconnaissance pour la BD, mais aussi pour nous, pour le travail accompli depuis la création de Diagonale en 2008. »

Le président du jury Bernard Hislaire a expliqué comment l’« Académie de bande dessinée », composée par les membres du jury de l’ancien Prix Diagonale (Dufaux, Cauvin, Dany, Servais, Van Hamme…) allait se réunir une fois par an, pour élire ce qui se fait de mieux en BD aujourd’hui, et pour transmettre la mémoire de leur travail.

« On essaie de montrer qu’il y a une génération qui a suivi les internationalement connus Hergé, Franquin… et que la Belgique continue d’être un creuset de bande dessinée, malgré cette difficulté que nous avons de nous mettre en avant. »

Bernard Hislaire s’est réjoui du fait que la création du Prix Rossel de la BD ait suscité l’enthousiasme de plusieurs partenaires, notamment la Fnac, qui s’est engagée à mettre les albums primés (les nominés aussi) en avant, dans ses rayons.

Meilleure série

Le Prix Rossel de la BD a conservé les fondamentaux de Diagonale, à savoir, trois prix, pour l’ensemble de l’œuvre (Grand Prix de l’Académie), la meilleure série et le meilleur album. Et pour ces deux derniers, la volonté de soutenir la création belge.

Le directeur général du Soir Olivier De Raeymaecker et le directeur-gérant de la Fnac Charles-Henri de Maleyssie ont remis le Prix de la meilleure série à Max de Radiguès pour « Stig et Tilde », en présence des personnages de la bande dessinée (notre photo).

Rencontré plus tôt dans la journée, Max de Radiguès nous a confié sa joie de recevoir ce prix à Louvain-la-Neuve, où il a passé une partie de sa jeunesse, où sa maman et son frère (régisseur à la Ferme du Biéreau) résident toujours.

« J’ai passé mon adolescence à la maison des Jeunes Chez Zelle, dans les années 90. C’était la grande époque du punk rock et du hardcore. J’avais les cheveux longs, je traînais du côté de la rampe de skate. »

Il a reconnu avoir milité contre l’arrivée du musée Hergé dans le parc de la Source, il l’aurait bien vu à la place de L’esplanade.

« Après la rhéto, je suis parvenu à vendre à mes parents que je ferais un beau diplôme comme ils le souhaitaient, mais je voulais d’abord tenter ma chance dans des études artistiques. J’ai été recalé aux examens de la Cambre et de Saint-Luc, alors j’ai fait une année préparatoire à Saint-Luc, avant d’y poursuivre ma formation. Aujourd’hui j’y donne cours. »

Meilleur album et Grand Prix

L’échevin de la Culture a remis le Prix du meilleur album à Mathieu Burniat et Loup Michiels pour « Trap ». Non sans difficultés : il s’est retrouvé entouré d’une dizaine de bêtes plus ou moins sauvages, plus ou moins grosses, plus ou moins collantes… qui l’ont contraint à interrompre régulièrement son discours. Une belle référence à cette bande dessinée sans paroles : les lauréats ont apprécié. David da Câmaralbums a annoncé qu’il n’y aurait pas de fête de la BD cette année à Louvain-la-Neuve, pour des raisons budgétaires.

Enfin, c’est le Français Frank Le Gall qui a reçu le Grand Prix de l’Académie pour l’ensemble de son œuvre. Il rejoint ainsi le jury qui l’a élu. Touche à tout - « Quand on sait faire quelque chose, il faut l’abandonner pour faire quelque chose qu’on ne connaît pas » (il s’étonne lui-même de 13 albums de Théodore Poussin) - il a montré au public qu’il pratiquait aussi la musique (percussions et saxophone dans le documentaire diffusé à l’écran, chant et guitare en live) et annoncé que son 1er roman allait bientôt sortir.

La soirée fut l’occasion de rendre hommage à Claude Renard, décédé en février dernier. Auteur et professeur de bande dessinée à Saint-Luc, il a contribué à révéler notamment François Schuiten, Andreas, Philippe Berthet et Antonio Cossu… un pédagogue de haut vol. Son fils Romain a été invité à monter sur scène pour remettre le Prix de l’innovation de la Scam (société des auteurs et autrices de littérature et de documentaire) au dessinateur et scénariste David Vandermeulen, connu pour être le « Prince de l’underground belge ».
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